LA PRESSE AFRICANE EST-ELLE CREDIBLE ?

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Mag4Par Magloire LAMINE

En vérité, se poser la question, c’est déjà y répondre. Si les agences de presse occidentales sont bien connues, les AFP, REUTERS, BBC et autres, aucune agence de presse africaine n’entre dans cette catégorie.

En outre, les africains eux-mêmes, quand il s’agit de s’informer de manière crédible, ne consultent que ces media occidentaux.

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Leurs propres presses, il n’y croient pas.

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A décharge, le rapport économique n’est pas le même.

Car, fondamentalement, la presse, où qu’elle soit, ne vit que de la publicité et de ses abonnements, lecteurs et media abonnés pour les agences.

En Afrique, la presse pâtit d’une absence de force économique et industrielle, susceptible de la soutenir.

En outre, hormis en Afrique anglophone, la presse africaine souffre également de manque de formation de ses journalistes.

N’importe qui peut se prétendre journaliste et écrire dans un media parlé, visuel ou écrit.

Absence de déontologie, absence du minima des codes du métiers, absence tout simplement de culture générale, quand il n’est pas question de maîtrise de la sémantique et de l’orthographe.

A l’évidence, les lecteurs se sont habitués à en faire fi, pour ne retenir que l’information brute. Faisant l’omission et à juste titre, des commentaires personnels des dits journalistes, confondant régulièrement informer et commentaires personnels.

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PRESSE SOUS ASPHYXIE

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Aujourd’hui, du fait de sa puissance économique, la presse anglophone africaine est bien plus crédible que celle de sa consœur francophone.

Au Sénégal, pour ne citer que cet exemple de presse libre, les media y sont, sans même le savoir assujettis à des codes qui sont tout, sauf d’information.

Ils font du griotisme plus qu’autre chose.

Ailleurs, plus bas, en Afrique francophone sub-saharienne, les bonnes habitudes de media couchés soumis au pouvoir dictatorial local n’ont pas changés.

On y continue de biaiser les informations, selon les diktats du pouvoir local ou de l’argent donné par les puissants économiques locaux.

S’y ajoutent, avec le développement des blogs sur internet, où le tout venant s’y déclare journaliste, créant une confusion monstre pour le lecteur.

Les maux sont là.

Pas de moyens, pas de financement, pas de formation journalistique crédible, la presse africaine francophone patauge, pour ne pas dire pire.

Dans mon pays, la Centrafrique, ce phénomène est très notable.

La presse nationale d’état, télévision (pour ce que ça vaut) et radio, est aux ordres du pouvoir.

Crédibilité NULLE !!!

Depuis, le privé s’est développé, se finançant comme il peut.

Les plus notables, Radio Ndeke Luka, issue d’une fondation suisse, la Fondation Hirondelle, et un collectif de journalistes sous le nom de RJDH (Réseau de journalistes des droits humains). Le rapport avec les droits humains ? Va savoir….

Néanmoins, cela existe, financé essentiellement par l’union européenne et autres.

Le RJDH si l’on fait abstraction des ses fautes d’orthographe et de sémantique, informe en local malgré tout.

Quant à Radio Ndeke Luka, il y a belle lurette qu’elle a dépassé en audience celle de la Radio Nationale, et de loin.

Pour le reste en Centrafrique, il n’y a que des blogueurs se prétendant journalistes.

Autant dore l’AN ZERO de la presse en RCA.

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ECONOMIE QUAND TU NOUS TIENS

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A y regarder de près, que racontent ses media occidentaux si puissants ?

De manière assez comique, ces mass media ne sont pas, globalement si différent que cela des nôtres.

Eux aussi sont soumis aux diktats, et de l ‘économie les finançant, et de leurs pouvoirs politiques.

Et aussi étrange que cela soit, ils ne sont plus que, quasiment, les chambres d’écho de la propagande de leurs pouvoirs politiques.

Cas de la France, ni RFI, ni l’AFP n’ont jugés utile de creuser le sujet des viols d’enfants en Centrafrique par des soldats français de la Sangaris.

Le sujet fut même abordé par Canal +, mais avec une enquête faite en RCA, mais…Avec uniquement les soldats français à Bangui.

Autant dire enquêter sur un viol en se basant sur le seul témoignage du violeur.

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La presse en Afrique

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L’INDEPENDANCE BRITANNIQUE

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L’AFP, RFI et les autres en France, n’ignoraient rien du problème des viols en RCA.

Bien évidemment, ils jugèrent inutile d’en parler, craignant de déplaire à leur pouvoir politique.

Seul le media anglais The Guardian mit le pied dans ce scandale, contraignant le pouvoir français à reconnaître, pratiquement un an plus tard.

Simplement, pour ceci comme pour le reste, ce scandale sera étouffé.

L’opinion centrafricaine elle étant passée à autre chose, comme ne réagissant qu’à l’instant tout en oubliant le passé, même récent, la France a beau jeu de faire traîner cette épine dans le pied de sa valeureuse armée.

Si c’eut été des françaises et des français, des enfants, violés en RCA par des centrafricains, on se doute bien que les choses auraient pris un tout autre contour.

Et la France joue sur la facilité dans ce dossier. Les centrafricains s’en fichent de ces enfants violés. Un fait pourtant patent.

L’ONU en RCA s’y est ridiculisé, au point de démettre son fonctionnaire, le lanceur d’alerte ayant mis à jour ce scandale.

Qu’en dit la presse centrafricaine ?

RIEN !

A part relayer les dires biaisés de la presse occidentale, elle ne fit aucune enquête en local.

Comme si la chose dérangeait certes, mais qu’il fallait passer à autre chose.

Quant aux politiciens centrafricains, ce sera du « abonnés absents ».

Aucun de nos politiciens n’a jugé utile, même d’évoquer le sujet.

Et comment le pourraient-ils, comme tous liés économiquement pour leur survie quotidienne à la France ?

La presse centrafricaine pouvait-elle analyser ce phénomène ?

A l’évidence non, elle n’analyse rien, infoutue qu’elle est d’avoir des analystes capables de prendre du recul sur quoique ce soit.

Et nous, avec LNC, que faisons-nous ?

Dénoncer, encore et encore n’a donné aucun fruit.

Les centrafricains ne s’y intéresse pas .

Ce qui donne une certaine idée de la culture socio-politique de la RCA.

Et comment en serait-il autrement?

Plus de 80% des centrafricains sont des illettrés, et comment sensibiliser ces gens à des viols de masse, quand elles-mêmes admettent légalement le principe de la sorcellerie ?

Autant dire que des enfants violés, ce n’est que du pipi de chat.

Ceci ramène à l’essentiel de la presse.

Qu’est-ce que la Presse libre? C’est quoi un media de presse libre ?

Réponse, si elle n’est pas indépendante, ce n’est que relais de propagande, aussi célèbre soit-elle.

Personnellement, à Part le CANARD ENCHAINE en France, je ne connais aucun media libre dans ce monde .

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PML

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